Le béton résiste très bien à la compression, mais sa surface n’est pas invulnérable. À l’échelle d’un skatepark, les passages répétés, les chocs et les frottements finissent par modifier son aspect.
Les roues polissent certaines zones. Les réceptions déposent de fines marques. Les trucks attaquent les arêtes. Les impacts peuvent faire apparaître de petits éclats.
Pris séparément, chacun de ces gestes paraît insignifiant. Répété des milliers de fois, il construit la patine du spot.
« Une trace est minuscule. Des milliers de traces deviennent l’identité du lieu. »
Le phénomène fonctionne également dans l’autre sens. Le béton marque la board : rayures sous le deck, usure du tail, traces sur les trucks et diminution progressive du diamètre des roues.
Le skate entretient une relation étrange avec l’usure. Dans beaucoup d’objets, une rayure représente une dégradation. Sur une board utilisée, elle peut au contraire devenir la preuve qu’elle a vécu.
RØKT. construit une partie de son identité autour de cette opposition : une imagerie inspirée de la pierre, des mythes et des symboles anciens appliquée à un objet destiné à rencontrer le béton.
La board quitte le site avec une illustration précise. La rue termine le dessin.
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